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Chromatics - Cherry LP (Italians Do It Better, 2016)

On se réveille avec un mal de cheveu et des étoiles plein la tête. Johnny Jewel vient en effet de mettre en ligne le Cherry LP. Soit 32 minutes de rêves synthétiques avec le chant fantasmatique de Ruth Radelet. De nombreux morceaux déjà sortis en format single - dont une reprise de New Order - que l'on écoute en boucle parce que l'illusion est meilleure que la réalité. Écoute intégrale et tracklisting :


Cherry (4:31)
Candy (4:19)
Headlight's Glare (2:37)
Ceremony (Featuring Ida No) (New Order) (6:13)
At Your Door (3:17)
I Can't Keep Running (4:37)
Vertigo (1:37)
Cherry (Instrumental) (4:31)

Hockeysmith - "Let's Dagger" (2016)

Jeunes pousses et musique sororale venue des Cornouailles, mais peu importe l'essentiel est ailleurs. Après But Blood, premier EP en 2014, Hockeysmith revient avec un univers  bien affirmé et une nouvel EP, Tears At My Age.

De la grande synth-pop syncrétique qui réussit à associer des références d'habitude antonymiques : les productions de Timbaland et la douceur d'Aaliyah, la techno de Copenhague, la musique 8-bit, l'electronica lo-fi, Terry Riley et même une incursion de guitare à la Arto Lindsay ! Pur joyau d'influences brillamment assimilées, "Let's Dagger" s'apprécie comme un morceau de pop sucrée qui serait aussi hantée par sa propre dégénérescence. De rien.

Pégase - "Well Bell (Fire Walk With Me)" (FVTVR, 2016)

Deuxième album en approche pour Pégase dont on avait déjà parlé avec l'excellent "Be Wild" et qui continue de se dévoiler avec ce deuxième extrait d'une trilogie clipée par Eléonore Wismes. Avec "Well Bell", Raphaël D’Hervez tire les ficelles d'une pop synthétique qui donne l'impression d'avoir toujours existé. Notre morceau du jour est en effet une superbe ritournelle chimérique auquel s'ajoute le timbre voilé d'Ana Benabdelkarim qui vous transportera  à des hauteurs fantasmagoriques.

Another World de Pégase sort le 27 mai chez Fvtvr records.

Ladyhawke - "A Love Song" (2016, Polyvinyl)

Comme il n'y a pas de mal à se faire du bien, écoute du nouveau single de Ladyhawke, ex-reine synthpop par la grâce d'un hypertube - "Magic"- et quelques grands singles sortis en 2008. Après avoir laissé le trône vacant au cours de huit années d'effilochement, la néo-zélandaise est de retour pour gagner un jeu de chaises musicales occupé aujourd'hui par Chvrches ou Charli XCX. Qu'en est-il de "A Love Song" ? On reconnaîtra un peu de complaisance à écouter encore ce genre de synthpop sucrée, mais notre morceau du jour est aussi un exutoire poignant avec ce qu'il faut de mélancolie pour s'offrir un danse décompensatoire devant son miroir. Vous reprendrez bien un peu de dessert ?

Pégase - "Be Wild" (2016, FVTVR)

Semaine flétrie par l'absence de gros tubes qui tachent  et des centaines de tentatives pour produire une pop commémorative faisant du surplace. Difficile de trouver des morceaux du jour, surtout qu'il n'est pas question de faire comme si le single événement de PJ Harvey était une réussite... Dans ce contexte, possible que Pégase ne soit pas meilleur que les autres, mais au moins il le fait bien. Échappé de Minitel Rose, Raphaël D’Hervez désormais accompagné par la chanteuse Ana Benabdelkarim présente en effet "Be Wild", single dream-pop synthétique dont l'évidence mélodique transforme les nuages de votre vol chimérique en éclaircies (sic).

Operators - "Blue Wave" (2016, Last Gang)

EN VIE : LE MEILLEUR MORCEAU POSSIBLE / Journée chargée hier, mais plutôt que d'écouter Émile et Image au karaoké avec Daft Punk (M83 prometteur donc) ou bien le retour d'une rock attitude bouffie aux enchiladas (The Kills, pas mal) ou encore des artistes en morceaux compatibles (Cate Le Bon, Chris Cohen) dont on attend plus de consistance et comme il s'agit de sélectionner objectivement le meilleur morceau possible, zyva  pour un petit déhanché façon Steve Zissou sur "Blue Wave". Il s'agit du deuxième single d'Operators dont le nom ne vous dit rien, mais qui est quand même le side-project de Dan Boeckner de Wolf Parade (dont le retour est par ailleurs annoncé). Nourri au kitsch 80's et au glam-rock, notre morceau du jour est gorgé de sève synthpop avec les cuivres qui t'emmènent à la campagne dans le final. Blue Wave est prévu pour le 1 avril chez Last Gang records. Enjoiement.

Essaie pas - Demain est une autre nuit (2016, DFA)

EN VIE : LA NUIT NOUS APPARTIENT / En attendant la prochaine nuit, chaque jour est un best-of (mais certains plus que d'autres). DFA Records - le label de James Murphy patati-patata - vient en effet de mettre en ligne l'album de Essaie pas, duo sensation de Minimal synth en provenance de Montréal.

Si les morceaux déjà connus avaient fait forte impression, Demain est une autre nuit est un coup de maître sur fond de synthétiseurs décharnés ou d'obsessions technoïdes. Comme si l'Electronic body music était revue par des jeunes gens mödernes de 2016 pour une virée nocturne tout en sensualité glacée. Achat vendredi ; écoute intégrale dès aujourd'hui avec lyrics video s'il vous plaît :

The Pirouettes - "2016 (en ce temps-là)" (Kiddderminster)

EN VIE / DOUCEUR 2016 : Plutôt que de prolonger le mal de cheveux en écoutant un inédit revanchard de Kanye West, on soigne cet après-midi Doliprane par quelques grammes de douceur avec The Pirouettes. Notre duo chouchou vient en effet de mettre en ligne "2016 (en ce temps-là)", morceau de circonstance pour fêter la nouvelle année. Comme souvent, leur musique semble aussi inconsistance qu'une chronique de vie bien élevée, pourtant ces mélodies limpides deviennent vite indispensables dans leur manières légères de révéler une bouleversante humanité. Et franchement, par les temps qui courent, un peu d'amour pour tous, ça ne se refuse pas. Bonne année 2016.

Jane Weaver - The Amber Light (2015, Finders Kreepers)

EN VIE / KRAUTSYNTHPOP : Un album de 2014 passé inaperçu, mais qui devient culte. Une sortie française en 2015 augmentée d'un second volume. The Silver Globe + The Amber Light : ça commence à s'agiter autour de Jane Weaver, ici et par exemple. 

L'ensemble reste sympathique sans être mémorable, mais il faut tout de même s'attarder sur son épatant single qui réussi le contraste entre la légèreté d'une voix naïve et l’opiniâtreté des synthés motorik. Un peu comme si le chant à plat de Lætitia Sadier (Stereolab) s'épanouissait sur le krautrock de BEAK>. Et lorsque l'ensemble prend des atours cosmiques par la grâce d'un écho de voix dédoublées, on quitte les lumières de l'autoroute pour s'abandonner au voyage vertical.

Annie - Endless Vacation [EP] (2015, Pleasure Masters)

EN VIE / SYNTHPOP / COQUINETTE :  Grosse affection pour la norvégienne Annie depuis l’enthousiasmant Anniemal sorti en 2004. La suite fut moins convaincante, mais peu importe puisque son nouvel EP, toujours produit par Richard X, possède assez de sex-appeal pour faire battre nos cœurs. En vérité, "Out Of Reach" est un morceau mélancolique à danser mollement : mademoiselle, rongée par les regrets d'un amour perdu, se morfond dans son lit. C'est moche sauf qu'il y a de l'alchimie dans cette voix gracile capable de rendre la tristesse sensuelle. Possible que je projette, hein, mais ce morceau est quand même incroyablement lascif et, lorsqu'en plus, on peut y entendre le même son de flûte shakuhachi synthétique que dans le "Sadness" d'Enigma, notre morceau du jour me donne juste envie de poutrer en pensant au puceau que j'étais (marche aussi pour les filles) !

Chromatics - "Shadow" [maxi single] (2015, Italian Do It Better)

EN VIE / SYNTHPOP BITOTORAXABLE : Dans l'attente du nouvel album, Chromatics régale avec le maxi single "Shadow". Deux morceaux connus dont l'éponyme décliné en différentes versions. Un gros faible pour le Michel's Runway Edit qui greffe sur l'original une rythmique synthétique morodo-carpenterienne qui commence à sentir le sapin, mais toujours aussi efficace. Mélodie étirée, voix charnelle, chambre réverbérée, "Shadow" plonge l'auditeur dans une longue stase sensuelle qui mériterait, afin que "les chemins du jour côtoient ceux de la nuit" (Homère), de durer l''éternité.

CHVRCHES - Every Open Eye (2015, Universal)

EN VIE / SYNTHPOP PARFOIS MIRACULEUSE :  Qu'on s'entendent bien, The Bones of What You Believe qui alignait les tubes post-Depeche Mode version sucre d'orge était un miracle. Qu'en est-il d'Every Open Eyes

Comme on pouvait le craindre, c'est moins bien... Si Lauren Mayberry possède toujours sa merveilleuse voix d'enfant, le chant s'est professionnalisé, gommant toute aspérité et détruisant surtout un nuancier vocal qui trouvait l'équilibre parfait entre puissance et fragilité. Plus problématique encore, de nombreuses compositions sont à la peine et oublient l'inventivité du premier album pour laisser place à une synthpop générique (possible que ce soit volontaire...). On atteint même le point Carly Rae Jepsen sur la pénible "Make Them Gold", c'est dire. Heureusement, plusieurs titres rappellent le miracle passé. C'est par exemple le cas de l'excellent "Never Ending Circles" connu depuis quelques semaines. "Clearest blue" devrait être un pur moment d'épiphanie en concert. Enfin et surtout, il y a l'énormissime "Keep You On My Side" qui réussi à concentrer toute la lumière et assez de désespoir pour pouvoir s'abandonner sur le dancefloor jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Tout l'album est en écoute sur NPR.
Ci-dessous une lyrics video pour "Never Ending Circles" :

Holychild - The Shape of Brad Pop To Come (2015, Glassnote)

EN VIE / SYNTHPOP / GIRLY : Meilleur plaisir coupable des vacances,  un duo mixte dont la voix est assumée en mode riot grrrl pour les podiums. Refrain dévastateur et imparable qui fera de toi la reine de la soirée devant ton miroir.

Tei Shi - Verde [ep] (2015, Pop & Mom)

EN VIE / COQUINETTE / SYNTHPOP Parmi, les coquinettes qui peuplent Youtube, Tei Shi n'est pas la plus vulgaire. Dans la vidéo, elle se contente d'arpenter la rue en tenue légère façon S.AS. rencontre Les Guerrières de la nuit. Musicalement, c'est aussi l'extase : de la synthpop conquérante façon vintage avec synthés granuleux. L'ensemble est emmené par une voix suave qui te laisse sur le carreau. Rotation lourde.