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Foxgen - "America" (Jagjaguwar)

Et Foxygen pour donner du relief à une semaine surchargée... On ne sait que penser du nouveau single "America", gâteau gigogne aussi chargé de crème qu'impressionnant de démesure dans une sorte de psychédélisme progressif qui convoque Kurt Weil, Burt Bacharach et David Bowie. De l'art de faire exploser les cadres après le bien décevant ...And Star Power en bouts de ficelle, quel plaisir d'entendre un nouveau morceau qui se hisse à la hauteur de leur talent. Bien connus pour brûler la chandelle par les deux bouts, Sam France et Jonathan Rado évitent l'explosion en plein vol - option Brian Wilson - en allant enregistrer au studio Spacebomb avec un orchestre de 34 conduit par Trey Pollard et Matthew E. White, maître arrangeur fétichiste qui signe ces enluminures gourmandes.



Publié par BionicVapourBoy, le 14/10/2016

King Gizzard & The Lizard Wizard - "People Vultures" (2016, Flightless)

Un peu de cuisine interne pour toi fidèle lecteur d'en morceaux qui aime être surpris par une sélection quotidienne terre de contraste. Aucune règle pour choisir la perle rare, seulement la passion. "Un cœur comme valise, une valse en guise de tête" comme l'écrit Tristan Tzara dans L'Homme approximatif. Cela dit, tu auras peut-être remarqué deux tropismes qui guident plus ou moins volontairement cette sélection : le manque d'appétence pour les tempos rapides, et le mépris des musiques nécrophiles qui n'ont d'autres ambitions que de ressasser le passé. Pour ces raisons, il y a bien peu de chances que j'envoie du rock-garage sur ce blog. Du coup, écoutons contre toute logique ce nouveau morceau des australiens garago-psychédélique de King Gizzard & The Lizard Wizard auquel il faut reconnaître quelques qualités à commencer pour l'influence de Pink Floyd première période passé en vitesse 78t , surtout que "People Vultures" est un botte-cul totalement jouissif. Bien à vous. 

Wall of Death - Loveland (2016, Innovative Leisure)

EN VIE : L' AMOUR ET AUTRES CRIMES : Plus qu'un simple morceau du jour, c'est tout un album que l'on aime aujourd'hui. Loveland, le deuxième de Wall of Death sorti chez Innovative Leisure, le label d'Hanni El Khatib que l'on retrouve à la production. Si l'étiquette néo-psychédélisme couramment accolée au groupe nous faisait craindre l'effort commémoratif, Wall of Death honore l'exercice de style tout en le dépassant brillamment par un savant brouillage des références. Réservant la part belle à une reverbe dosée et aux luxuriants claviers, Loveland s'épanouit en effet au cours d'un parcours sonique qui va de la pop jusqu'au rock planant en passant par quelques ruptures de registres avec guitares endurcies. Du psychédélisme, oui, mais extrêmement tenu au sein de morceaux généreusement gorgés de lumineuses mélodies - la compo mec, y'a qu'ça de vrai -. Il faut rajouter à cette chroniquette que Loveland réserve même quelques instants de bravoure, mais qu'il révèle surtout sa richesse en écoute intégrale. Un véritable album, cohérent et fort en thème, comme à l'ancienne pourrait-on dire pour se tirer une balle dans le pied, mais surtout un véritable album comme il devrait en exister plus aujourd'hui.

Boyarin - "Useless Lights" [single] (2016, Microcultures)

EN VIE / MICRO-SYMPHONIE : Repéré par un financement participatif sur Microcultures, le premier album de Boyarin se découvre avec "Useless Lights" avant une sortie en avril 2016.

Filet de voix trafiquotée à l’hélium sur fond d'un luxuriant clavier bon marché : la curiosité laisse vite place à la sidération. Il y a quelque chose d'unique dans l'univers de Boyarin, une sorte de psychédélisme cristallin qui doit autant à Bach qu'à la pop baroque bricolée version symphonie liliputienne. Pourtant rien ne semble étriqué. Au contraire, les entrelacs mélodiques donnent plutôt l'impression de redécouvrir une réalité sensible où chaque goutte de rosée réfracterait la lumière de façon inédite. Une petite chose absolument formidable en somme.

Fat White Family - "The Whitest boy on the Beach" [single] (2015, Fat Possum)

EN VIE / POST-PUNK NUISIBLE QUI FAIT DU BIEN : Du retard à l'allumage, mais nos chroniqueurs bafouilleurs étaient occupés à digérer leur foie gras en se repaissant de musique ferroviaire. Bref, les initiés auront la gentillesse de revenir demain alors que les autres tendront une oreille ébahie sur ce qui devrait être the next big thing (même si les chances de les entendre sur la sono grésillante d'un supermarché sont proches de zéro). Avec leurs gueules de lendemain de cuite, les londoniens de Fat White Family dégueulent des saloperies en jonglant des références méphitiques - Ike Turner, Throbbing Gristle, Staline, Dr. Shipman, Mark E. Smith, Goebbels - pour mieux brasser la merde. En attendant d'écouter leur nouvel album, Songs For Our Mothers, qui sortira le 22 janvier, nul doute qu'avec cet épatant single en forme d'hymne post-punk psychédélique, nos meilleurs ennemis portent déjà très haut les couleurs de la perfide Albion.