Affichage des articles dont le libellé est Leonard Cohen. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Leonard Cohen. Afficher tous les articles

Gabriel Bruce - "Come All Sufferers" (Luv Luv Luv)

D'emblée, la voix charme. Ce serait celle du fils irréductible né de l'union entre Leonard Cohen et Iggy Pop pour prolonger la lignée caverneuse. Comme si Matt Berninger de The National avait laissé tomber son veston souffreteux pour croquer la vie à pleines dents. De la douleur, il y en a pourtant : la dépression et une  main broyée, que Gabriel Bruce réussit à dépasser pour créer une expérience énergisante avec "Come All Sufferers". Son chant d'outre-tombe se combine en clair-obscur avec une partition synth-funk comme aurait pu l'arranger Blood Orange. Il y avait de quoi s'en contenter, mais l'extraordinaire harangue finale - dont la mise en image fait écho la série The Leftovers - transforme par sa ferveur gospel notre morceau du jour en hymne existentiel pour toute une Internationale douloureuse.



Publié par BionicVapourBoy, le  06/10/2016

Kevin Morby - "I Have Been To The Mountain" [single] (2016, Dead Oceans)

EN VIE / RETOUR DE FLAMME : Journée dans les start-ups avec un nouvel album pour Kevin Morby annoncé pour le 15 avril chez Dead Oceans. On s'écoute un premier extrait dont les arrangements étoffés sont porteurs de belles promesses. "I Have Been To The Mountain" sonne plus Leonard Cohen que jamais, pas celui des 00's avec un backing band qui fait honte à ta grand-mère, mais le Leonard des origines décliné ici en version technicolor avec basse rebondissante, chœurs retrofuturistes et cuivres mariachi ¡Ay, caramba!

Pain-Noir - Pain-Noir (2015, Tomboy-Lab)

EN VIE / LA SUPERBE : Jusqu'où s'arrêtera Pain-Noir ? Déjà sorti fin 2014 chez Microcultures et soutenu par une juste propagande dans l'émission Label Pop, nous en avions déjà parlé à l'époque sur un autre support. L'album est depuis ressorti augmenté de trois morceaux sur Tomboy-Lab : il récolte les critiques dithyrambiques et continue de faire dans nos cœurs "des travaux d'aménagement sans ménagement" (Alain Souchon)

Ce n'était pourtant pas gagné. Alors que François-Régis Croisier était déjà connu pour un "très-bon-album-folk-un-peu-générique-quand-même" sous le nom de St. Augustine, le passage à la langue française marque une incroyable métamorphose. La musique de Pain-Noir cristallise en effet l'ancien et le moderne dans un axe allant de Brassens à Bertrand Belin auquel s'ajoute l'évidence folk des premiers albums de Leonard Cohen, rien que ça ! Le timbre grave, mais aussi la respiration de son chant, permettent la création d'univers bercé d'une mélancolie soutenue par une troublante sérénité.

Dès lors, on pourrait égrener les différents titres de cet album d'une remarquable cohérence : ils sont tous plus superbes les uns que les autres et provoquent désormais une forte résonance dans l'intimité de notre comité d'experts. Chef d’œuvre ? Sans doute, oui. En tout cas, à classer très haut dans le prochain TOP2015 des enfers d'EN MORCEAUX (même si c'est sorti en 2014, hein)

Get Well Soon - Love (2016, Universal)

EN VIE / GET WELL LOVE : Qu'on se le dise, Konstantin Gropper a prouvé en trois albums de pop orchestrale qu'il fait parti des grands. Trois superbes albums de pop baroque tendance rococo, c'est-à-dire à la fois fascinants mais en vérité un peu fatiguants sur la longueur. Peut-être manque-t-il encore à Get Well Soon une touche d'évidence classique pour bâtir sa grande œuvre ? Difficile de se prononcer sur l'écoute de ce seul morceau, mais celui-ci comble nos attentes et contient de belles promesses pour la suite. Lancé par une guitare grandaddyesque, on y retrouve la richesses ornementales de notre petit génie combinée à des chœurs féminins et une sérénité que n'aurait pas reniée Leonard Cohen himself. One shot qui permet à l'élève de dépasser le maître. A suivre tout de même : discographie en construction.