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Jaill - Wherever It Be (2016, Infinity Cat)

EN VIE / BRICOLE LUMINEUSE : De la grosse pop qui tâche hier, reprise du bon goût aujourd'hui. Pas la peine de se le cacher, Jaill qui était auparavant signé chez Sub Pop est du genre second couteau. Ce groupe d'indie-rock vient du sortir en format cassette  sur le label Infinity Cat un album enregistré à la maison et n'a donc aucune chance de connaître les charts, peut-être plus sûrement les honneurs d'une Face B chez Arnaud Le Gouëfflec (si Jaill se décide un jour à jouer avec une contrebasse dont les cordes seraient faites à partir de boyaux de crapauds). Certes, ça manque encore de storytelling mais c'est totalement dans l'esprit Face B car notre morceau du jour avec ses arrangements bricolés et sa merveilleuse mélodie schizophrénique ressemble à un morceau des Beach Boys repris par le fils légitime de Daniel Johnston et Syd Barrett ! Bonne journée.

Nicole Dollanganger - Natural Born Losers (Eerie organization)

EN VIE / CRISE D'ADOLESCENCE EN BIEN : Nicole Dollanganger, c'est d'abord un personnage. Un spectre de poupée kawaii obligé de connaître le jour. Natural Born Losers constitue en effet la première sortie de Eerie Organization, le label de Grimes qui partage avec elle son filet de voix aérien. Plus surprenant, la petite Nicole revendique l'influence conjointe de Type O Negative et Daniel Johnston ce qui se matérialise à l'oreille par un contraste saisissant entre ingénuité lo-fi et le voile ténébreux qui hante "Angel of Porn II". Il faut reconnaître que ça ressemble dangereusement aux plaintes en plastique de n'importe quelle adolescente gothique, pourtant Nicole réussit un morceau d'une déchirante justesse.