Affichage des articles dont le libellé est electropop. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est electropop. Afficher tous les articles

The Pirouettes - Carrément Carrément (Kidderminster)

Toujours se méfier des premières impressions, celles laissées par les débuts de The Pirouettes avait de quoi troubler l'incrédule. Un mélange d'attirance/répulsion à l'écoute de ces chroniques candides sur les mini-soucis et les grandes joies d'un couple de jouvenceaux parisiens.

Quelques grands singles plus tard - "Dernier métro", "Un mec en or", "Je nous vois" - au son des mélodies synthétiques en forme d'attrape-coeurs, Léo Bear Creek et Vickie Chérie ont eu raison de nos réticences. Comme si l'on avait découvert circonspect un langue inconnue pour mieux tomber amoureux en la pratiquant.  Il faut dire que The Pirouettes rénovent d'une manière bien singulière le thème le plus usé de la pop music. Loin d'être sublimé à coup de métaphores maniérées, l'amour est traité - grâce au jeu décalé sur les registres de langue - comme une affaire du quotidien. Il apparaît pourtant dans sa forme la plus pure : celle qui appartient à deux jeunes gens capables d'exprimer les belles choses simplement.

Si The Pirouettes pourraient aujourd'hui multiplier les love hand sans paraître ridicules, c'est parce que toutes ces émotions sont portées par des comptines électroniques remarquablement limpides. Aussi Carrément Carrément enchaine les morceaux forts en thème pour créer un décalage alchimique entre mélodies géniales et voix intimidées. A ce titre "2016 (en ce temps-là)" illustre l'art merveilleux de The Pirouettes. Écrite comme si nous étions quelques années plus tard, elle raconte la naissance de l’amour dans un Paris devenu ilot idéalisé qui ferait abstraction de l’horreur qui nous entoure. Une sorte de nostalgie du temps présent dans lequel les sentiments et la musique représentent le dernier refuge. Et par les temps qui courent, cette capacité à ne vouloir vivre que le meilleur est franchement bouleversante.

Cette chronique fait volontairement l'impasse sur l'histoire d'amour entre Léo & Vickie, la comparaison avec Elli & Jacno, l'influence de Michel Berger & France Gall et celle du hip-hop hexagonal. Les Inrocks sont déjà passés par là.

 

Publié par BionicVapourBoy, le 17/09/2016

Bad Wave - "3AM" / "Night School" (10k Islands)

Où l'on reparle de Bad Wave, déjà responsable du meilleur morceau pop de l'année. Cadeau, c'était ici. Avec deux nouvelles compositions, le duo californien affute encore sa bubble pop travaillée à la nerditude et s'affirment dans la lignée de "Runaway" comme les maîtres des ponts musicaux les plus déroutants du moment (à 2'50 sur 3AM par exemple). N'y cherchez pas une quelconque profondeur, Bad Wave se contente de souffler le vent de l'insouciance pour créer la vague de l'été sans fin et c'est gros plaisir.




Publié par BionicVapourBoy, le 12/09/16

OMOH - "Longing Summer" (2015)

Total credibility : on bafouille aujourd'hui sur OMOH, duo nîmois composé de Clément Agapitos et Baptiste Homo connu pour être le batteur de Dig Up Elvis. Groupe qui ne vous dit rien dit comme cela, mais  - attention, on ouvre la boîte à souvenir de La Nouvelle Star -, il s'agit quand même de la formation qui a vu débuter Julien Doré. Une belle carte de visite qui pourrait séduire les radios FM, tout comme ce "Longing Summer" dont les charmes possèdent quelques atouts pour le mélomane plus exigeant. Un concentré mélancolique dans une forme aérienne : le flacon n'est pas neuf mais il y a de l'ivresse dans cette composition qui trouve un équilibre superbe entre sérénité et vertige. Le dernier EP d'OMOH, is Leading Nowhere EP, s'écoute entièrement par ici.



Publié par BionicVapourBoy, le 06/09/16

The Linedots - "Small Talk"

The Linedots : deux morceaux sur SoundCloud, une page Facebook rachitique aimée par 173 personnes, un domaine Internet qui ne fonctionne pas. Plaisir de découvrir un groupe dont on ne sait rien, si ce n'est qu'Evangeline Ling et Kevin Emre de Londres forment un duo plein de promesses. Si "Small Talk" présente une electropop générique dont l'accroche mélodique rappelle tout de même Ladyhawke dans sa meilleure période, il émerveille totalement en perpétuant la lisière ténue où se fondent rêve et mélancolie.

Publié par BionicVapourBoy, le 02/09/16

Son Lux - "Cage of Bones" (Glassnote, 2016)

Un nouvel EP 6 titres pour Son Lux : Stranger Forms paraît le 16 juin chez Glassnote et se découvre avec un inédit en clip. Ryan Lott désormais en formule trio continue son entreprise de déconstruction pop dans une sorte de morceau total qui mêle textures transgéniques fracturées à une extraordinaire charge soul prête à exploser. Cérébral, enfiévré, triomphant et surtout ne rentrant dans aucun cadre : qu'on se le dise "Cage of Bones" est absolument brillant.

HEIDEMANN - Detectives (Fabrique, 2016)

Écoute intégrale de l'EP Detectives puisqu'on y trouve, non pas un, mais au moins deux morceaux promouvables pour une mise en avant paroxystique par la grâce d'une bafouille quotidienne.

Monika Heidemann, déjà entendue au clavier/chant chez The Juan MacLean au clavier, s'affirme dans ce projet electropop aussi poignant qu'une madeleine cachée dans une boule à facettes 80's. Se tenant à l'écart du simple hommage naphtaliné, les différentes gammes de pulsions rythmiques se double d'arabesques analogiques et d'un chant défiant notre époque gâchée par le cynisme. "Last Chance" en morceau du jour et le reste s'enchaîne tout seul.

WhoMadeWho - "Hi & Low" (2016, Get Physical)

Reprise avec WhoMadeWho qui viennent de sortir un mix, le Body Language vol.17 pour le label Get Physical. L'occasion pour le trio danois d'envoyer "Hi & Low", nouveau single clair-obscur avec retour de flamme après l'insipide Dreams.

L'objectivité nous oblige tout de même à préciser que WhoMadeWho est déjà responsable d'un  miracle avec l'extraordinaire Brighter, fontaine de jouvence electropop ("discopunk") capable de concentrer toutes les émotions sur le dancefloor jusqu'au bout de la night. Écoute en boucle de "Hi & Low", premier single mid-tempo en forme de promesse pour la suite.

Housse de Racket - "Le Rayon vert" (!K7, 2015)

Il ne restera à la fin que les moments magiques. Lorsque les sentiments se cristallisent comme rendus à leur pureté originelle. Lorsque le rayon vert du film d'Eric Rohmer jette son rayon sur l'amour qui naît. Emporté par une mélodie à deux doigts, notre morceau du jour est un beau moment d'exaltation hédoniste : nouveau single extrait de The Tourist, Housse de Racket y célèbre les propriétés de ce phénomène optique en même temps que ces instants fragiles pour t'emporter une nouvelle fois dans la joie et l'oubli.

Fujiya & Miyagi - "Serotonin Rushes" (2016)

Le programme est dans le titre : électro-pop sérotoninesque pour embrailler la semaine. Un micro-citation hommage à "Funkytown" de Lipp Inc dans les premières secondes et notre morceau du jour t'emmène très loin dans les plaisirs licites de l'hédonisme classieux.

Depuis plus de 10 ans, Fujiya & Miyagi fait en effet parti - avec Who Made Who et Hot Chip - de ces rares groupes capables de réconcilier le corps et l'esprit. Bonheur de danser moins con grâce à ce réjouissant "Serotonine Rushes" sur lequel on restera bloqué comme le chanteur dans le final : "I can't get it out of my system". Pour nous, ce sera heavy-rotation.

Fujiya & Miyagi, EP1 est annoncé pour le 27 mai chez Impossible Objects of Desire.

Charli XCX - "Trophy" [single] (2016, Vroom Vroom)

EN VIE : ELECTROPOUFOÏDE / Découverte en 2011 sous la forme d'une lolita electropop post-Siouxie pour un enchaînement ahurissant de singles, c'est en sublime poufiasse bubblegum qu'on la retrouve en 2014 pour conquérir crânement les masses sans jamais démériter.

Nouvelle métamorphose dans la continuité pour Charli XCX avec la sortie d'un EP, Vroom Vroom produit par Sophie qui peut continuer à grande échelle son entreprise de démolition structurelle de la pop tape-à-l’œil. Démonstration avec "Trophy", ahurissant collage d'electropop vrillée qu'on appréciera dans un son correct (mais moyen) avant sa sortie le 25 mars sur Vroom Vroom recordings.



Vroom Vroom recordings, justement, c'est Charli XCX qui en parle : "Vroom Vroom Recordings is my new, experimental pop label and it will combine my love for bubblegum pop with mystery and darkness". Démarche cohérence pour une nouvelle métamorphose. Première carte de visite avec du Charli XCX, RIVRS et CuckooLander en attendant la suite :

Fiona Walden - "Cold Heart" [single] (2015, RTSL)

EN VIE : "LOVE & OTHER CRIMES" / Seulement un an de retard, mais aucune date limite de consommation. Notre morceau du jour s'écoute au contraire sans modération et même jusqu'à l'ivresse pour célébrer la force des passions humaines. "Cold Heart" est porté  par une voix androgyne qui joue sur le même registre qu'Antony Hegarty, mais qui se déploie sur de l'electropop hymnesque. "Love and Other Crimes", chantait Lee Hazlewood en 1968, tout dans ce morceau l'illustre à merveille.

Allie X - "Old Habits Die Hard" [single] (2016)

EN VIE / ELECTROPOP SUCRÉE : Après une belle semaine d'exigence musicale (ou presque), on se détend du bulbe avec un tube pour chauffer jusqu'au bout de la night la gomme de la semelle. Allie X est une artiste canadienne qui a vu sa carrière lancée par un tweet louangeur de Katy Perry suivie par 51 millions d'humains à l'époque. Quasiment anonyme par chez nous, ce ne sont pourtant pas les bons morceaux qui manquent. Pour preuve ce "Old Habits Die Hard" de belle tenue qui joue dans le même vestiaire chatoyant que CHVRCHES. Difficile de savoir si Allie X connaîtra le même succès que Charli XCX, mais lorsqu'une artiste cite Mark Mothersbaugh (Devo) comme influence principale, c'est tout le bonheur qu'on lui souhaite.

Bad Wave - "Runaway" [single] (2015, 10k Islands)

EN VIE / VAGUE SCÉLÉRATE : C'est le genre de vague que vous n'aviez pas vu arriver et qui vous transporte alors que vous clapotiez tranquillement en écoutant un air de musique qui vous rappelle la vie comme elle vient. Cet air déjà connu, c'est celui qui débute "Runaway", rejouant sur fond de synthé élastique le mariage de MGMT et Phoenix jusqu'à l'arrivée d'un pont ahurissant qui vous propulse sur la crête d'une vague géante. De celle qui vous donne l'impression d'affleurer le soleil pour disparaître dans ses rayons brûlants. Avec ce refrain bigger than life, comme brisé net sur une muraille invisible pour mieux rejouer ce fragment paroxystique dans un final en apothéose, Bad Wave vient juste d'aligner les notes d'un pur moment d'épiphanie qui vous maintiendra longtemps dans des hauteurs rarement égalées. Heavy rotation et tout le toutim.

Yeasayer - Amen & Goodbye (2016, Mute)

EN VIE / Hier était une grosse journée avec l'apparition d'un bon morceau de David Bowie et d'un autre excellent des Tindersticks. Néanmoins, comme la charte du blog m'oblige à sélectionner objectivement le meilleur morceau du jour, écoutons Yeasayer : un événement pour les amateurs du groupe puisque leur dernier album remonte à 2012. Pour tout dire, votre serviteur n'ayant jamais accroché à cet univers, j'aurais bien du mal à vous remettre ce morceau en perspective (et s'il m'arrive d'éprouver quelques plaisirs à l'occasion d'une crampe provoquée à la voûte plantaire, mon masochisme n'est pas assez extrême pour me retaper toute la discographie d'un groupe à l'occasion d'une bafouille). Bref et comme d'habitude, les véritables informations sont ailleurs, mais que cela ne vous empêche pas d'écouter "I'am Chemistry", formidable morceau qui devrait changer la donne pour moi comme pour vous. Yeasayer signe en effet une composition pyramidale, à la fois chatoyante et épique, qui catalyse admirablement l'electropop tubesque au glam-rock et à la musique psychédélique pour te terminer sur des chœurs séraphiques de niveau 10/10 sur l'échelle Sufjan Stevens ! Album à sortir le 1er avril chez Mute.



East Indian Youth - Culture of Volume (XL, 2015)

EN VIE /  ELECTROPOPKITSCH : Petit vice pour conclure l'année, l'orgie de topinettes. L'occasion de s'organiser des séances de rattrapage en même temps qu'un burn-out. Le TOP100 de Quietus déborde de découvertes comme ce formidable Culture of Volume d'East Indian Youth, sans doute passé inaperçu pour cause de nom/pochette à la con. Il faut aussi reconnaître que le kitsch de cette musique à de quoi dérouter, sorte de maximalisme mélodique à la Pet Shop Boys capable de propulser l'auditeur dans une épopée trance music en milieu d'album pour l'abandonner ensuite sur des plages ambient. Album clivant donc, que l'on est aussi en droit d'aimer plus que de raison car il y a dans cette exubérance kitsch une forme de sagesse, celle consistant à mépriser les conventions. De fait, la musique d'East Indian Youth est bien plus audacieuse que 95% de la production actuelle (je tiens une liste à votre disposition, mais une pensée quand même à Deerhunter, Motorama, Father John Misty). Comme White Magic de CEO ou Dear John de Loney Dear, Culture of Volume rejoint donc le club très fermé des œuvres qui ont su élever le kitsch à des hauteurs inégalées.

On écoute "Beaming White", le titre le plus Pet Shop Boys, mais pas vraiment représentatif, hein.

Yanis - L'Heure bleue [ep] (2016)

EN VIE / ELECTROPOP PYRAMIDALE : Peut-être faut-il un peu de temps pour laisser ce morceau grandir jusqu'à s'imposer totalement, mais c'est désormais officiel : l'arrêté préfectoral qui vient de tomber vous interdit de ne pas aimer "Crave", l'un des meilleurs morceaux de l'année pour vous hisser dans les plus hautes sphères de l'Empyrée. Affirmation totalement gratuite, mais comme c'est un MDJ de reprise après un passage à vide, ce sera tout. Bien à vous.
 

Eléphant - "L'Amour, La Haine" [single] (2015, Colombia)

EN VIE / RUPTURE JOYEUSE : Oubliez tout ce que vous auriez préféré ne pas connaître en lisant cette fiche wikipedia qui ferait pâlir d'envie n'importe quel candidat de la Nouvelle star : Patrick Bruel, Benjamin Biolay, Elie Semoun, The Do, Vanessa Paradis. Les initiés oublierons aussi les précédents morceaux du groupe car ils font pâle figure à côté de "l'Amour la Haine", raccourci saisissant sous forme d'oxymore usé pour couple fané. Avec cette ritournelle post-rupture tubesque, Lisa Wisznia et François Villevieille ont surtout l'élégance de nous épargner le sempiternel morceau souffreteux pour mieux gérer l'accablement en s'égayant sur le dancefloor. +1 pour le microshort sinon, voir clip !

Mansfield.TYA - Corpo Inferno (2015, Vicious Circle)

EN VIE / CHANSONS INSAISISSABLES : Reconnaître en préambule que je suis toujours passé à côté de Mansfield.TYA. Sans doute victime de préjugés et d'écoutes distraites me laissant croire que ce n'était pas pour moi. Peu importe car le choc est immense en découvrant le nouvel album de ce duo féminin capable de transformer la braise en glace ou l'inverse (Louise Labbé represent). Si Corpo Inferno se situe la plupart du temps dans une tradition chanson française plutôt insaisissable, il tire sa grandeur dans sa manière de conjuguer des influences plurielles au cœur d'un album rempli de chausse-trappes et de motifs en décalage. Qu'on ne s'étonne pas alors d'entendre, au milieu d'autres joyeusetés, des comptines médiévales à la Moondog mélangées avec de l'electroclash, des citations d'Arvo Pärt et des synthés minimalistes teintant l'album d'une coloration cold-wave. Par dessus tout, Corpo Inferno est rempli de tubes déviants qu'on mettra un peu plus de temps à explorer que, au hasard, le dernier Major Lazer. C'est le cas du 1er single, "Bleu lagon" assez peu représentatif du reste, qui vous permettra quand même de réussir votre suicide sur fond d'electropop délurée !

The Pirouettes - "Je nous vois" [single] (2015)

EN VIE / FRENCH ELECTROPOP  : C'est tout léger et peut-être agaçant à la première écoute, mais ce serait dommage de passer à côté de The Pirouettes. Cela fait en effet quelques temps que le duo aligne des singles impeccables mettant en scène la vie des trentenaires parisiens bien éduqués. Un peu autocentré, mais qu'importe car The Pirouettes composent des mélodies synthétiques faites d'un naïf stylisé et superpitchounesque. Plaisir quoi.