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Frichti n°1

Comme ceci n'est pas un morceau du jour, on laisse tomber la course au tube pour s'offrir un frichti en forme de feu d'artifice pour les oreilles. Aux commandes du systèmes de tir, les meilleurs artificiers pour te garantir un week-end de bonne tenue, c'est-à-dire explosif. Au programme, le premier extrait d'un album collaboratif entre Deerhoof et l'ensemble de musique contemporaine Dal Niente pour un morceau qui ouvre de nouvelles perspectives et renouvelle en passant le schmilblick  deerhoofien. Baleter / Saunier est prévu pour le 29 avril sur le label New Amsterdam et on l'attend désormais avec pas mal de fébrilité. Un album que l'on n'attend plus, celui d'Oneohtrix Point Never, chef d’œuvre vrillé de l'année dernière et pour la décennie au moins, mais quand il n'y en a plus, il y en a encore avec ce remix chatoyant de Four Tet par Daniel Lopatin. Repérés chez The Drone et nouveaux venus dans la cour des grands, les berlinois d'Amnesia Scanner viennent de signer chez Young Turks pour un morceau puissamment weirdos avec le clip qui va bien, on devrait en reparler. Enfin, nos chouchous d'Essaie pas proposent sur le site du magazine Impose le "préliminaires mix". Il s'agit d'un mix composé des musiques qui ont inspiré l'écriture de leur morceau "La Chute". Comme son nom l'indique, c'est à destination des amoureux. Pas sûr que vous arriviez à conclure dessus, mais vous devriez vous coucher moins cons.





Préliminaires Mix tracklisting:
01 Ashra – Tropical Heat
02 Double Fantasy – Universal Avenue
03 Glenn – Zeit
04 Edi Angelillo – Lontana e irraggiungibile
05 Flavia Fortunato – Se tu vuoi
06 Peru – East Mountain
07 Art Of Noise – Love Beat
08 Michael Bundt – Neon
09 Christophe – La dolce vita
10 Yello – Of Course I’m Lying
11 Sade – Is It A Crime
12 Viktor Lazlo – Backdoor Man
13 Colin Towns – Kate

J. Ralph & Antony - Racing Extinction B.O. (2015, Rumor Mill)

EN VIE / ANTONYSSIME : Après deux albums extraordinaires - dont l'empyrétique I'm a Bird Now -, Antony Hegarty n'a cessé de décevoir avec une musique de plus en plus fade qui virait au chantage émotionnel. Ajoutez à cela, un timbre aussi merveilleux que particulier qui, à la manière de Björk ou d'Eddy Mitchell, vampirise tellement l'espace sonore qu'il en devient pénible sur la durée. Et pourtant, cette fin d'année 2015 pourrait signer son retour en grâce. 

Si la collaboration pudding d'Antony avec Oneothrix Point Never et Hudson Mowhawke sous l'alias ANONHI me laisse pour l'instant dubitatif, la suite pourrait être palpitante. Pour l'instant, on se contentera d'une apparition sur une composition de J. Ralph pour le documentaire Racing Extinction de Louis Psihoyos, réalisateur de The Cove. On se contentera - façon de parler, hein - "Manta Ray" est un morceau sublime où Antony se joue d'inflexions pudiques pour créer l'émotion. Une bénédiction qui se contemple aussi :

Oneohtrix Point Never - Garden of Delete (2015, Warp)

EN VIE / MÉTA-MUSIQUE : "Ne comptez pas sur moi pour l'ambiance fête à la saucisse" conclue Daniel Lopatin dans New Noise. A moins qu'elle ne soit protéiformée par les déchets fluorescents d'une autre époque pourrait-on rajouter. Traduction : Garden of Delete ne ressemble à pas grand chose de connu, une œuvre labyrinthique - Borges dirait qu'elle est le monde -, sorte de plunderphonics post-internet filtré par l'électronique où se télescopent une multitude de paysages musicaux. Le cerveau vrillé de Daniel Lopatin en cloud computing corrompu qui défilerait devant nos yeux ébahis comme une terre de contraste (sic) sous l'effet de quelques drogues de synthèse. Mais là où d'autres se seraient contentés d'enfiler les motifs sonores transgéniques, Oneohtrix Point Never invente un nouveau langage musical fait de découpages bruts, de maximalisme mélodique kitsch et d'explosions électroniques pour permettre à l'auditeur de faire corps avec cette œuvre virtuose. Garden of Delete est non seulement l'un des disques les plus important de l'année, c'est aussi un chef d’œuvre qui devrait faire date.