Affichage des articles dont le libellé est Pain-Noir. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pain-Noir. Afficher tous les articles

Orso Jesenska - Effacer la mer (2015, 03h50)

EN VIE / "Pique-assiette style" dans les classements de fin d'année, histoire de ne pas rater la perle rare avant la livraison du bilan d'EN MORCEAUX. Aujourd'hui, nous pillons celui de Vincent Théval (Magic, Label Pop) pour découvrir avec bonheur la musique d'Orso Jesenska. Effacer la mer s'ajoutant en effet à l'importante liste d'albums - ceux de Pain-Noir, Mansfield TYA, Pharaon de Winter, Dominique A - qui ont su élever la chanson française à des hauteurs inespérées cette année. C'est d'ailleurs à l'écoute du grand Dominique A, auquel on le rapproche souvent, qu'Orso Jesenska a trouvé sa voie. Aussi, quelques morceaux sont marqués par l'empreinte du maître, mais Effacer la mer brille désormais grâce à son chant intimiste, comme chuchoté au creux de l'oreille pour cacher un secret trop précieux. Cette proximité se décline dans une maîtrise discrète des genres musicaux : folk, musique impressionniste, jazz, musique nouvelle et même reprise lunaire de Paco Ibáñez sont convoqués sans jamais virer à l'exercice de style. Mieux, Orso Jesenska partage avec Smog et Mark Hollis un désir de lenteur qui permet à ce chant à fleur de cordes vocales de déployer un univers d'une intense proximité. Et si tous les morceaux ne sont pas encore capables d'effacer la mer, certains possèdent déjà le pouvoir de transfigurer la chanson française. C'est déjà pas mal.

Pain-Noir - Pain-Noir (2015, Tomboy-Lab)

EN VIE / LA SUPERBE : Jusqu'où s'arrêtera Pain-Noir ? Déjà sorti fin 2014 chez Microcultures et soutenu par une juste propagande dans l'émission Label Pop, nous en avions déjà parlé à l'époque sur un autre support. L'album est depuis ressorti augmenté de trois morceaux sur Tomboy-Lab : il récolte les critiques dithyrambiques et continue de faire dans nos cœurs "des travaux d'aménagement sans ménagement" (Alain Souchon)

Ce n'était pourtant pas gagné. Alors que François-Régis Croisier était déjà connu pour un "très-bon-album-folk-un-peu-générique-quand-même" sous le nom de St. Augustine, le passage à la langue française marque une incroyable métamorphose. La musique de Pain-Noir cristallise en effet l'ancien et le moderne dans un axe allant de Brassens à Bertrand Belin auquel s'ajoute l'évidence folk des premiers albums de Leonard Cohen, rien que ça ! Le timbre grave, mais aussi la respiration de son chant, permettent la création d'univers bercé d'une mélancolie soutenue par une troublante sérénité.

Dès lors, on pourrait égrener les différents titres de cet album d'une remarquable cohérence : ils sont tous plus superbes les uns que les autres et provoquent désormais une forte résonance dans l'intimité de notre comité d'experts. Chef d’œuvre ? Sans doute, oui. En tout cas, à classer très haut dans le prochain TOP2015 des enfers d'EN MORCEAUX (même si c'est sorti en 2014, hein)