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Alex Cameron - "Take Care of Business" (Secretly Canadian, 2016)

Un visage tout droit sorti du Black Hole de Charles Burns, celui de l'australien Alex Cameron, crooner basse lumière/haute intensité, dont le premier album sorti en 2013 sera prochainement réédité par Secretly Canadian. Avec ses synthés minimalistes et mortifères, "Take Care of Business" fait penser aux danses molles de fin de soirée comme pourrait les chanter Jeremy Jay s'il avait préféré, au lieu de squatter les appartements parisiens, séjourner quelques nuits au royaume des morts. On jurerait aussi entendre un superbe morceau d'Arcade Fire en version décatie. Minimal synth option rock n' roll fatigué, échos de David Bowie période berlinoise et même hypothétique futur spectrale d'Alan Vega. Peu importe au final, notre morceau du jour est un cri déchirant que sublime un orgue bon marché pour accompagner le premier rayon du soleil.

Superbe Jumping The Shark, premier album d'Alex Cameron, qui ressort le 19 août chez Secretly Canadian. A voir en première partie d'Unknown Mortal Orchestra le 20 juin au Trabendo (Paris)

Amanda Palmer & Jherek Bischoff - "Purple Rain" (Prince)

C'est officiel, le créneau "reprise des grands tubes d’icônes fraîchement mortes" est désormais occupé. Après avoir remarquablement repris David Bowie - en écoute ici -, Amanda Palmer & Jherek Bischoff récidivent avec le "Purple Rain" de Prince.

Que l'on se rassure, cette relecture magistrale met à l'index tous les hommages au Love symbol que vous pourriez entendre à la Fête de la musique 2016 si par malheur vous vous y égariez par mégarde. Amanda Palmer fait des merveilles avec un timbre qui cultive un mystère fébrile pendant que Jherek Bischoff parachève ce morceau avec des arrangements cordes en forme d'épiphanie malickienne et de quoi te laisser en morceaux.

En vente sur bandcamp 1$ au profit de l' ELEVATE HOPE FOUNDATION
 

Frichti n°6

Trois écoutes intégrales pour ce Frichti n°6. Trois écoutes comme autant de révélations qui, à défaut de bouleverser votre vie, devraient rendre votre week-end meilleur. Le saviez-vous ? Bowie est mort. Commémoration de rigueur, jusqu'à la nausée. On jettera tout de même une oreille émue sur le superbe hommage rendu par Amanda Palmer & Jherek Bischoff. Certes, ce sont toujours les mêmes saucissons qui sont repris, mais l'ex-Parenthetical Girls s'en donne à cœur joie dans des ornementations pour cordes aussi virevoltantes qu'admirables, et puis cette reprise parfaite de "Blackstar"avec Anna Calvi...

Encore meilleur, Sophia vient de mettre en ligne As We Make Our Way (Unknown Harbours) qui signe le retour Robin Proper Sheppard après sept ans d'absence. On laissera à d'autres le soin de réaliser une chronique dithyrambique : votre serviteur se contentera d'être terrassé devant cette sublime lamentation. Un petit press play dans le lecteur ci-dessous devrait vous convaincre sans peine (si j'ose dire).

Enfin, un objet musical non identifié avec les barcelonais de Za! Pas totalement convainquant sur l'ensemble de Loloismo, l'entreprise de déconstruction de ce duo impressionne franchement sur certains morceaux ("la maquinaria est", "Badulake") qui prolongent l'esprit d'Alboth! avec lesquels ils partagent le point d'exclamation. Un hasard ? je ne crois pas.

Jherek Bischoff & Amanda Palmer - Strung Out In Heaven, A Bowie Tribute (2016)
Sophia - As We Make Our Way (Unknown Harbours) (2016)
Za! - Loloismo ( Hot Salvation Records, 2016)


Yeasayer - Amen & Goodbye (2016, Mute)

EN VIE / Hier était une grosse journée avec l'apparition d'un bon morceau de David Bowie et d'un autre excellent des Tindersticks. Néanmoins, comme la charte du blog m'oblige à sélectionner objectivement le meilleur morceau du jour, écoutons Yeasayer : un événement pour les amateurs du groupe puisque leur dernier album remonte à 2012. Pour tout dire, votre serviteur n'ayant jamais accroché à cet univers, j'aurais bien du mal à vous remettre ce morceau en perspective (et s'il m'arrive d'éprouver quelques plaisirs à l'occasion d'une crampe provoquée à la voûte plantaire, mon masochisme n'est pas assez extrême pour me retaper toute la discographie d'un groupe à l'occasion d'une bafouille). Bref et comme d'habitude, les véritables informations sont ailleurs, mais que cela ne vous empêche pas d'écouter "I'am Chemistry", formidable morceau qui devrait changer la donne pour moi comme pour vous. Yeasayer signe en effet une composition pyramidale, à la fois chatoyante et épique, qui catalyse admirablement l'electropop tubesque au glam-rock et à la musique psychédélique pour te terminer sur des chœurs séraphiques de niveau 10/10 sur l'échelle Sufjan Stevens ! Album à sortir le 1er avril chez Mute.