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Deerhoof - "Acceptance" (Clapping Music, 2016)

La vérité, on aurait bien aimé écouter un gros tube qui tâche aujourd'hui, mais comme chaque morceau de Deerhoof met à l'amende la plupart de ses contemporains, on s'écoute "Acceptance", nouveau single extrait de The Magic qui sort le 24 juin chez Clapping Music. Travaillant les ressorts d'une hyperpop dans un monde idéal où "Eye of The Tiger" se transforme en comptine multicolore, notre morceau du jour fera plus que l''affaire et mieux encore.

Fear of Men - "Sane" (Kanine, 2016)

Après un premier album a) que l'on avait raté dans les grandes largeurs b) trop moyen pour que l'on s'en souvienne c) méprisé pour cause de crevardise snobinarde, Fear of Men revient avec Fall Forever dont la sortie est prévue le 3 juin chez Kanine Records. C'est tout. Merci. De rien. Formidable morceau dont on irait quand même pas dire que l'on en sort pas indemne, mais presque.


Mitski - "Happy" (Dead Oceans, 2016)

Happiness is a warm gun chantait John Lennon dans un bel élan visionnaire et ce n'est pas l'arrêt définitif de l'émission Label Pop en fin de saison qui devrait nous faire changer d'avis...

Après "Your Best American Girl", premier single surcoté, la pubescente Mitski continue d'affronter les affres de l'adolescence dans l'excellent "Happy". Ce deuxième single largement supérieur à tout ce que vous avez entendu hier - coucou Radiohead - est un hymne frémissant sous le patronage de St. Vincent. Moins cérébral, plus direct, notre morceau du jour se paie même le luxe de terminer sur un saxophone épiphanico-ironique assez réjouissant pour te donner l'envie de retrouver cette époque où tu avais encore l'espoir d'être moins minable qu'aujourd'hui.

Mitski, Puberty 2 est annoncé le 17 juin chez Dead Oceans

Local Natives - "Past Lives" (2016)

Local Natives fait de l'indie pop comme pas mal d'autres, sûrement mieux que beaucoup d'autres. Après trois années d'absence, le groupe soigne son retour avec "Past Lives", composition sans doute trop lyrico-geignarde pour les oreilles tatillonnes, mais tellement généreuse qu'elle devrait l'emporter chez les amateurs d'émotions fortes (je pressens un taux de satisfaction invérifiable de 63%). Le train-train, oui, mais comme chaque jour est un best-of, le train-train est superbe.

Oyster Kids - "Lips" (2016)

Dimanche vacances, chronique de crevard, musique A+. Entre deux drones de l'ennui, on se ressource avec ce morceau à la cool qui possède de vraies notes dedans et des ouh-ouh qui vont bien. A la manière de tout ce qui fonctionne en indie-pop genre The Black Keys, Foster The People ou Broken Bells (du moins l'idée que je m'en fais) et avec cet élégant sens de l'accroche, Oyster Kids valent déjà bien mieux que la synchro pub qui ne devraient pas tarder à tomber et pourraient même s'installer durablement dans vos oreilles. De rien.

Islands - "The Joke" (2016)

Déjà évoqué par ici fin janvier, le retour d'Islands - ancienne gloire indie-pop passée de mode - avec deux albums qui paraîtront le 13 mai ne semble pas faire frétiller grand monde par chez nous. Et pourtant, les deux singles déjà connus annonçaient un retour de sève bienvenu pour le groupe de Nick Thorburn dont le timbre nasillard fait toujours des merveilles. Mieux, "The Joke" qui vient d'être dévoilé est une composition dansante dotée d'une tension élastique qui met à l'amende la plupart des pseudo-sensations de l'infraweb.

Peter Bjorn and John - "Breakin' Point" (2016)

CASUAL FRIDAY (comme on disait au début des 00's) au son de Peter Bjorn and John, groupe dispensable mais qui n'a jamais entamé son capital sympathie depuis l'éternel "Young Folks". C'est d'ailleurs sur un air sifflé que s'ouvre "Breakin' Point". Avec le rythme hip-hop qui va bien et l'élégance décontractée du chant, c'est toute la tour Neptune de la Défense qui pourra s'enjailler façon C++ à l'heure du goûter, mais ça marche aussi sur n'importe quel amateur de musique hédoniste.

Frøkedal - "The Sign" (2016, Propeller)

RAYON DE SOLEIL / Découvert sur une sélection BIRP, plus d'une centaine de morceaux téléchargeables pour prendre mensuellement la température de l'indie pop. Bon, comme le genre est depuis longtemps moribond, on frôle l'indigestion, mais il y a quand même moyen de découvrir quelques pépites. Venue de Norvège, pop angélique, chanteuse chatoyante et cuivres lumineux, Frøkedal sera ta bande-son idéale pour accompagner la reverdie.

Minor Victories - "A Hundred Ropes" (2016, PIAS)

EN VIE : CASTING ALL STAR / 1er single pour Minor Victories dont le nom ne vous rappellera pas grand chose, mais qui se compose quand même de Rachel Goswell (Slowdive), de Stuart Braithwaite (Mogwai), Justin Lockey (Editors) et James Lockey (Hand Held Cine Club). Ample et puissant, "A Hundred Ropes" donne quelques raisons de croire que cette somme de talents puisse rendre 2016 meilleure. A vérifier le 3 juin avec une sortie d'album chez PIAS.

Hospital Ships - "All in Time" (2016, Graveface)

EN VIE / JUSQU’À LA MORT : Des nouvelles musicales de Jordan Geiger alias Hospital Ships que notre comité d'expert appréciait déjà à l'époque de Minus Story pour son extraordinaire timbre souffreteux mi-douleur mi-douceur. "All in Time" est un premier extrait obsédant de The Past is not a Flood qui sortira le 11 mars sur Graveface records. Chose surprenante, on apprend que Thor Harris, percussionniste des Swans, participe activement à l'enregistrement avec sa gueule de repris de justice. Que l'on se rassure il sait aussi adopter le toucher adéquat lorsque les circonstances l'imposent. C'est le cas de ce morceau délicat au balancement étrange dans lequel l'amour se dispute avec la mort, des thèmes certes classiques, mais lorsque dans le final Jordan Geiger répète "we're all going to die" obsessionnellement, le cœur n'a jamais été aussi léger pour partir.

Steve Taylor & Danielson Foil - Wow To The Deadness [EP] (2016, Split Entertainment)

EN VIE / "FUCKED UP AND GREAT", c'est par ces mots que le producteur Steve Albini évoque l'EP de Steve Taylor & Danielson Foil. Autopromotion classique, si ce n'est que les 6 morceaux qui nous occupent aujourd'hui dépassent toute espérance. Wow To The Deadness marque en effet le retour pétaradant de Daniel Smith (aka Brother Danielson) qu'on n'avait pas vu à un tel niveau depuis Ships, son chef d’œuvre de 2006. Servi par la force de frappe de Steve Taylor et avec sa voix de fausset étranglé, le christian brainfucker enchaîne les acrobaties vocales comme un pêcheur lacéré par les griffes du dragon d'Astaroth. Pourtant, les titres se suivent dans des purs moments d'exaltation avec un niveau ahurissant de maîtrise : lumineux barnum plutôt que capharnaüm infernal donc. Plus besoin de chercher qui sera sur le podium cette année, Steve Taylor & Danielson Foil viennent de tuer l'indie game.

Clip à visionner et EP en écoute exclusive sur Consequence of Sound.

LNZNDRF - s/t (2016, 4AD)

EN VIE / Un morceau du jour rapidou. LNZNDRF est un nouveau projet formé par Scott and Bryan Devendorf (The National) et Ben Laz (Beirut). On y entend un clavier cristallin, une rythmique kraut et le fantôme de Ian Curtis qui revient chargé à l'eau pétillante. Très prometteur donc.

Jaill - Wherever It Be (2016, Infinity Cat)

EN VIE / BRICOLE LUMINEUSE : De la grosse pop qui tâche hier, reprise du bon goût aujourd'hui. Pas la peine de se le cacher, Jaill qui était auparavant signé chez Sub Pop est du genre second couteau. Ce groupe d'indie-rock vient du sortir en format cassette  sur le label Infinity Cat un album enregistré à la maison et n'a donc aucune chance de connaître les charts, peut-être plus sûrement les honneurs d'une Face B chez Arnaud Le Gouëfflec (si Jaill se décide un jour à jouer avec une contrebasse dont les cordes seraient faites à partir de boyaux de crapauds). Certes, ça manque encore de storytelling mais c'est totalement dans l'esprit Face B car notre morceau du jour avec ses arrangements bricolés et sa merveilleuse mélodie schizophrénique ressemble à un morceau des Beach Boys repris par le fils légitime de Daniel Johnston et Syd Barrett ! Bonne journée.

Homme - s/t [ep] (2015, Foxhall)

EN VIE / MAÎTRESSES FEMMES : S'il existait une catégorie espoirs par ici, Homme serait en tête de gondole. Sauf que cette rubrique n'existe pas, que Homme est un duo féminin et qu'elles jouent dans la catégorie rock indé tendance tête chercheuse. Sima Cunningham et Macie Stewart ont en effet la politesse de s'éloigner du conformisme passéiste trop souvent généré par l'indie-rock pour renouer avec un équilibre entre évidence mélodique et audaces formelles. Il suffira pour s'en convaincre d'écouter  "Woman" et "Fingerprints", les deux morceaux placés en début de leur 1er EP. Sans atteindre encore l'éclat des compositions de St. Vincent à laquelle on pense dans un versant folk plutôt qu'electro, possible qu'avec autant d'envie, de talent et le soutien d'une bonne fée comme Jeff Tweedy,  Homme prenne un chemin semblable.

East Indian Youth - Culture of Volume (XL, 2015)

EN VIE /  ELECTROPOPKITSCH : Petit vice pour conclure l'année, l'orgie de topinettes. L'occasion de s'organiser des séances de rattrapage en même temps qu'un burn-out. Le TOP100 de Quietus déborde de découvertes comme ce formidable Culture of Volume d'East Indian Youth, sans doute passé inaperçu pour cause de nom/pochette à la con. Il faut aussi reconnaître que le kitsch de cette musique à de quoi dérouter, sorte de maximalisme mélodique à la Pet Shop Boys capable de propulser l'auditeur dans une épopée trance music en milieu d'album pour l'abandonner ensuite sur des plages ambient. Album clivant donc, que l'on est aussi en droit d'aimer plus que de raison car il y a dans cette exubérance kitsch une forme de sagesse, celle consistant à mépriser les conventions. De fait, la musique d'East Indian Youth est bien plus audacieuse que 95% de la production actuelle (je tiens une liste à votre disposition, mais une pensée quand même à Deerhunter, Motorama, Father John Misty). Comme White Magic de CEO ou Dear John de Loney Dear, Culture of Volume rejoint donc le club très fermé des œuvres qui ont su élever le kitsch à des hauteurs inégalées.

On écoute "Beaming White", le titre le plus Pet Shop Boys, mais pas vraiment représentatif, hein.

Shearwater - Jet Plane and Oxbow (2016, Sub Pop)

EN VIE / INDIE BACK TO THE FUTURE :  premier single brillant sur l'album à venir de Shearwater. Retour sur les 80's pour mieux réinventer ce qui reste d'indie-pop sclérosée. Caisse claire bien en avant, mélodie élastico-synthétique, l'influence revendiquée de Talk Talk 1ère période (la moins bonne pourrait-on dire, mais tout est relatif, hein). Avec "Quiet Americans", Shearwater vient à l'instar de ses glorieux aînés d'écrire un morceau racé qui n'oublie pas de titiller du tube. Sinon pour trouver les vraies infos, c'est par ici.

Eleanor Friedberger - "False Alphabet City" [single] (2015, Frenchkiss Records)

EN VIE / INDIE POP : Bonheur du jour, le retour d'Eleanor Friedberger, chanteuse des géniaux et inconstants The Fiery Furnaces. Bon, je vous laisse chercher ailleurs les infos qui ne vous intéressent pas. Pour ce qui est du morceau en écoute ci-dessous, sachez seulement que c'est un grand morceau mineur qui vous apportera votre dose de joyeuseté quotidienne. Plaisir d'offrir quoi.

EL VY - Return To The Moon (2015, 4AD)

EN VIE / INDIE : Présentation de circonstance, EL VY est un duo formé par Matt Berninger (The National) et Brent Knopf (Menomena). Après un premier single peu convainquant, "I'm The Man to Be" nous permet d'apprécier la voix traînante de M. Berninger sur une musique récréative en forme de squelette d'indie pop groovy. Pour l'anecdote, le morceau trouve son origine dans un délire puisqu'il s'est construit à partir d'un sample de Menomena déjà utilisé par Schoolboy Q.