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Barbagallo - "Mungebiddu" (Arista/Sony)

Ce n'est pas parce qu'on a la flemme d'écrire un truc censé pour motiver les troupes que ce morceau ne doit être écouté qu'à moitié. Ô superbe "Mungebiddu", tu mérites bien plus que cette micro-bafouille, mais le maître des lieux s'est mis sur les rotules avant d'aller  se ressourcer en breizhouzie. On se refait une santé pendant quelques jours pour mieux reprendre la parution quotidienne. Sinon Grand Chien, le deuxième album de Barbagallo sort le 28 oct.



Publié par BionicVapourBoy, le 19/10/2016

VedeTT - "Et tu danses avec lui" (C. Jérôme) (Casbah)

C'était Jérôme s'est éteint en 2000, mais son œuvre continue d'inspirer la jeune garde. "Et tu danses avec lui", composée par le sémillant Didier Barbelivien se voit reprise par VedeTT, plus habitué à Tuer les gens sur un premier album new-wave tendance cold. Ce tube bien de chez nous se transforme par la grâce d'un existentialisme cabossé en slow du bout de la nuit joué par le fantôme d'un baluche qui jette ses dernières forces dans la bataille.

Cette reprise et d'autres sur la compilation RAMDAM#5 de Casbah Records.



Publié par BionicVapourBoy, le 22/09/2016

The Pirouettes - Carrément Carrément (Kidderminster)

Toujours se méfier des premières impressions, celles laissées par les débuts de The Pirouettes avait de quoi troubler l'incrédule. Un mélange d'attirance/répulsion à l'écoute de ces chroniques candides sur les mini-soucis et les grandes joies d'un couple de jouvenceaux parisiens.

Quelques grands singles plus tard - "Dernier métro", "Un mec en or", "Je nous vois" - au son des mélodies synthétiques en forme d'attrape-coeurs, Léo Bear Creek et Vickie Chérie ont eu raison de nos réticences. Comme si l'on avait découvert circonspect un langue inconnue pour mieux tomber amoureux en la pratiquant.  Il faut dire que The Pirouettes rénovent d'une manière bien singulière le thème le plus usé de la pop music. Loin d'être sublimé à coup de métaphores maniérées, l'amour est traité - grâce au jeu décalé sur les registres de langue - comme une affaire du quotidien. Il apparaît pourtant dans sa forme la plus pure : celle qui appartient à deux jeunes gens capables d'exprimer les belles choses simplement.

Si The Pirouettes pourraient aujourd'hui multiplier les love hand sans paraître ridicules, c'est parce que toutes ces émotions sont portées par des comptines électroniques remarquablement limpides. Aussi Carrément Carrément enchaine les morceaux forts en thème pour créer un décalage alchimique entre mélodies géniales et voix intimidées. A ce titre "2016 (en ce temps-là)" illustre l'art merveilleux de The Pirouettes. Écrite comme si nous étions quelques années plus tard, elle raconte la naissance de l’amour dans un Paris devenu ilot idéalisé qui ferait abstraction de l’horreur qui nous entoure. Une sorte de nostalgie du temps présent dans lequel les sentiments et la musique représentent le dernier refuge. Et par les temps qui courent, cette capacité à ne vouloir vivre que le meilleur est franchement bouleversante.

Cette chronique fait volontairement l'impasse sur l'histoire d'amour entre Léo & Vickie, la comparaison avec Elli & Jacno, l'influence de Michel Berger & France Gall et celle du hip-hop hexagonal. Les Inrocks sont déjà passés par là.

 

Publié par BionicVapourBoy, le 17/09/2016

Octave Noire - "Un Nouveau Monde" (Yotanka)

Coup de cœur pour ce premier single d'Octave Noire. "Un Nouveau monde" impeccable dont le titre programmatique contient en puissance un univers encore plus vaste. En attendant une sortie d'album prévue pour 2017 chez Yotanka, écoutons ce manifeste esthétique dans lequel on ne trouvera aucune révolution, mais qui concentre mine de rien tout ce que l'on aime dans la chanson française. Des mots à hauteur d'homme capables de créer des images amples. Une musique cultivée respectueuse d'une tradition, allant de François de Roubaix à Sébastien Tellier en passant par Jean-Michel Jarre et Étienne Daho, pour la cristalliser dans une forme aussi sereine que classieuse. Voix feutrée, synthés kaléidoscopiques, arrangements luxuriants : Octave Noire porte en lui l'humanité perdue dans un monde grouillant.



Publié par BionicVapourBoy, le 10/09/16

Jaune - "Procession" (2016)

Déjà repéré sur le vol.9 de la Souterraine, l'univers de Jaune s'affirme avec ce nouveau morceau aux effluves tropicales. Une étrange douceur synthpop post-Dominique A qui prolonge l'esprit des premiers Brigitte Fontaine pour mieux le réinventer. Il y a en effet dans cette "Procession" un contraste admirable entre la cruauté du texte et ce chant aussi délicat qu'une brise d'été. A cela s'ajoute une subtilité rythmique qui ne doit rien au hasard puisque Jaune,  Jean Thevenin à la ville, officie comme percussionniste auprès de Frànçois & The Atlas Mountains ou Petit Fantôme. Chemisette déboutonnée pour déhanchement de rigueur, ce morceau de Jaune n'a pas fini de nous faire chavirer, avec un clip tourné à Buenos Aires lui aussi parfait.

Institut - Tu devras lui donner des coups de lattes pour t'en débarasser (2016, La Souterraine)

Après l'intriguant Spécialiste mondial du retour d'affection dont on avait bafouillé quelques lignes par ici, retour inattendu d'INSTITUT enfin "prêt à sortir de leur cœur de métier pour s'assurer de nouveaux relais de croissance", d'après le communiqué goguenard pour présenter cette nouvelle Mostla Tape de La Souterraine. Si ce nouveau segment musical prolonge avec bonheur la singulière satire synthético-désenchantée de l'album, ces six titres font aussi découvrir quelques accointances avec la musique pour le cinéma. Celles évidentes des mots par la présence de Bernadette Lafont, Romy Schneider ou Valeria Bruni Tedeschi. Mais aussi celles des maîtres (Morricone, François de Roubaix, Nino Rota) dont les évidences mélodiques innervent subtilement ces chatoyantes monotonies. Peut-être faut-il laisser du temps pour se familiariser avec ces chansons singulières, mais en l'état il n'y a aucune raison de vouloir donner des coups de lattes pour s'en débarrasser. Coup de cœur plutôt avec taux de satisfaction supérieur à 87% et mention spéciale pour "Plaisir et défiscalisation". Écoute intégrale, merci :
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Lafayette - "La Mélancolie française" (Les Disques entreprise, 2016)

Coup de maître pour Lafayette avec "La Mélancolie française" dont l'interprétation indissociable du clip fait déjà l'objet d'une presque exégèse (ici et ici). Après avoir fait ses armes avec la pop anglophone de One-Two en compagnie de Séverin et sur quelques morceaux, le voici de retour pour un single dépressif flamboyant sur le label Disques entreprise (Moodoïd, Mehdi Zannad, Bagarre...).

Entre Arnaud Fleurent-Didier et Katerine pour citer des contemporains, "La Mélancolie française" fonctionne comme une liste de réminiscences patrimoniales. Tout le poids d'un héritage malicieusement traité par un patriotisme ironique auquel se mêle un vibrant hommage à l'écrasant génie français. C'est donc ce lègue d'une mélancolie source de création que Lafayette sublime ici par ce refrain aussi sensationnel que réjouissant. Musique grande classe pour un artiste qui déclarait en interview : "Je préfère les artistes déprimés polis, il faut croire, aux artistes déprimés malpolis qui ne font que se plaindre sans humour". Du bonheur d'être en morceaux.

EN VRAC - Antoine Leonpaul / Guillaume Teyssier / Vendredi sur Mer

Pas le temps de rédiger une bafouille digne de ce nom, mais comme une contrainte idiote m'oblige à publier un post par jour, je jette en pâture ces trois morceaux. Trois déclinaisons qui témoignent de la richesse actuelle de la chanson française. Il y a même dans ce frichti un morceau d'exception, je vous laisse deviner lequel (indice : l'auteur s'appelle Antoine Leonpaul) et sinon les informations véritables sont à chercher ailleurs.

 
 

Adrien Soleiman - "Rue des étoiles" (autoprod., 2015)

Parfois (toujours) la sélection du meilleur morceau du jour ne tient pas à grand chose. Aujourd'hui, l'annonce par l'agence de booking My Favorite d'une première partie pour un concert de Damien Jurado. En attendant l'ouverture d'Adrien Soleiman, coup de foudre pour sa musique, heavy-rotation et tout le toutim. "Rue des étoiles" joue du contraste entre un chant altier, presque désagréable, avec un refrain en voix de tête pour s'abandonner à la douceur nostalgique. Six bons mois de retard sur cet artiste, mais qu'importe, Ô Merveille.



Tout l'EP mérite l'écoute :

Housse de Racket - "Le Rayon vert" (!K7, 2015)

Il ne restera à la fin que les moments magiques. Lorsque les sentiments se cristallisent comme rendus à leur pureté originelle. Lorsque le rayon vert du film d'Eric Rohmer jette son rayon sur l'amour qui naît. Emporté par une mélodie à deux doigts, notre morceau du jour est un beau moment d'exaltation hédoniste : nouveau single extrait de The Tourist, Housse de Racket y célèbre les propriétés de ce phénomène optique en même temps que ces instants fragiles pour t'emporter une nouvelle fois dans la joie et l'oubli.

EN VRAC - Christophe

Les Vestiges du chaos étant encore sur notre liste d'attente, on fait monter la pression à l'écoute du single "Océan d'Amour" dont le clip vient d'être publié. Comme souvent chez le dernier des Bevilacqua et comme sa voix brisée n'est jamais aussi sublime que lorsqu'elle est mise à nu, il faut en passer par une production qui manque de retenue. L'alchimie est pourtant bien là. Naïveté cryptique, synthés délavés, auto-tune tire-larme et appel de l'absolu : du très grand Christophe.

Pour compléter, lecture d'une interview-fleuve donnée à Libération

Séverin - "France-Brasil" [single] (2016, Néon Napoléon)

EN VIE / LA SUPREMA FELICIDAD : Et hop, un peu de prédictologie - la science des charlatans -, mais il arrive aussi à Jacques Attali d'avoir raison. Notre morceau du jour s'imposera en rotation lourde sur les radios C++, le clip de "France-Brasil" va devenir un phénomène viral et l'on s'arrachera bientôt le magazine Elle avec Kiwi Da Gama en Une. En vérité, peu de chance de se tromper tant ce morceau possède un charme irrésistible. Séverin y joue le gentil nigaud perdu dans la traduction pendant que Kiwi Da Gama lui fait la morale en portugais. C'est frais, c'est fait avec malice et peu de morceaux peuvent se targuer d'une ambiance aussi guillerette sans tomber dans la fête à neuneu. Mieux, "France-Brasil" a tout d'un classique instantané, comme une chanson populaire haut de gamme forçant le peu de plèbe qui reste dans ton corps à rejoindre les réjouissances du camping Les Flots-Bleus pour se trémousser maladroitement auprès des étrangères de passage.



Gontard! - Repeupler (2016, Ici d'ailleurs)

EN VIE / CHANSON DE L'INTRANQUILLITÉ : On découvre ce morceau de Gontard! comme on achopperait à la lecture d'une langue étrangère. Pourtant, les motifs sont connus, mais la première impression est qu'ils ne fonctionnent pas ensemble et c'est bien ce qui en fait tout le prix à la réécoute. Sur un thème post-rock lancinant, "La Saison des grands froids" semble en effet tiraillé entre Arnaud Fleurent-Didier et Diabologum, soit le rencontre en contraste d'une voix apprêtée presque bourgeoise dont l'inquiétude existentielle se heurte au crépuscule d'une humanité aussi dévitalisée qu'un bout de viande. Dans une litanie de visions saisissantes, - "Le chef de gare bisexuel, le charcutier gris, le tatoueur kamikaze, l'agent immobilier syndiqué, quel visage aurai-je ?" - Gontard! chante la médiocrité et la perte du sens. Dès lors, l'auditeur condamné par sa nature à suivre l'injonction du titre - Repeupler - pourra mettre ce morceau de Gontard! en fond sonore pendant qu'il s'y emploie, mais ce moment risque d'être aussi génial que sordide. Repeupler sortira le 5 février sur le label Ici d'ailleurs.

Orso Jesenska - Effacer la mer (2015, 03h50)

EN VIE / "Pique-assiette style" dans les classements de fin d'année, histoire de ne pas rater la perle rare avant la livraison du bilan d'EN MORCEAUX. Aujourd'hui, nous pillons celui de Vincent Théval (Magic, Label Pop) pour découvrir avec bonheur la musique d'Orso Jesenska. Effacer la mer s'ajoutant en effet à l'importante liste d'albums - ceux de Pain-Noir, Mansfield TYA, Pharaon de Winter, Dominique A - qui ont su élever la chanson française à des hauteurs inespérées cette année. C'est d'ailleurs à l'écoute du grand Dominique A, auquel on le rapproche souvent, qu'Orso Jesenska a trouvé sa voie. Aussi, quelques morceaux sont marqués par l'empreinte du maître, mais Effacer la mer brille désormais grâce à son chant intimiste, comme chuchoté au creux de l'oreille pour cacher un secret trop précieux. Cette proximité se décline dans une maîtrise discrète des genres musicaux : folk, musique impressionniste, jazz, musique nouvelle et même reprise lunaire de Paco Ibáñez sont convoqués sans jamais virer à l'exercice de style. Mieux, Orso Jesenska partage avec Smog et Mark Hollis un désir de lenteur qui permet à ce chant à fleur de cordes vocales de déployer un univers d'une intense proximité. Et si tous les morceaux ne sont pas encore capables d'effacer la mer, certains possèdent déjà le pouvoir de transfigurer la chanson française. C'est déjà pas mal.

Pain-Noir - Pain-Noir (2015, Tomboy-Lab)

EN VIE / LA SUPERBE : Jusqu'où s'arrêtera Pain-Noir ? Déjà sorti fin 2014 chez Microcultures et soutenu par une juste propagande dans l'émission Label Pop, nous en avions déjà parlé à l'époque sur un autre support. L'album est depuis ressorti augmenté de trois morceaux sur Tomboy-Lab : il récolte les critiques dithyrambiques et continue de faire dans nos cœurs "des travaux d'aménagement sans ménagement" (Alain Souchon)

Ce n'était pourtant pas gagné. Alors que François-Régis Croisier était déjà connu pour un "très-bon-album-folk-un-peu-générique-quand-même" sous le nom de St. Augustine, le passage à la langue française marque une incroyable métamorphose. La musique de Pain-Noir cristallise en effet l'ancien et le moderne dans un axe allant de Brassens à Bertrand Belin auquel s'ajoute l'évidence folk des premiers albums de Leonard Cohen, rien que ça ! Le timbre grave, mais aussi la respiration de son chant, permettent la création d'univers bercé d'une mélancolie soutenue par une troublante sérénité.

Dès lors, on pourrait égrener les différents titres de cet album d'une remarquable cohérence : ils sont tous plus superbes les uns que les autres et provoquent désormais une forte résonance dans l'intimité de notre comité d'experts. Chef d’œuvre ? Sans doute, oui. En tout cas, à classer très haut dans le prochain TOP2015 des enfers d'EN MORCEAUX (même si c'est sorti en 2014, hein)

EN VRAC - Arnaud Le Gouëfflec

A Brest même, la ville a été détruite, mais pas le talent. Figure de proue de ce vivier créatif, Arnaud Le Gouëfflec est en train de construire une œuvre pluridisciplinaire qui ne se contente pas de faire du bruit jusqu'à Landerneau ! Après l'écoute du projet Christian Rock Fièvre hier, rapide passage en revue de trois autres créations :

Un peu tard pour réaliser une bafouille sur l'album Deux fois dans le même fleuve dans lequel il fait bon se plonger plusieurs fois. D'autres plus prestigieux - ici et - en ont déjà fait l'éloge. Si tu es passé à côté et avant que ce ne soit plus possible, l'écoute de "Mieux vaut trouver la mort" est obligatoire :


Un peu tôt pour réaliser une chronique de Face B avec Nicolas Moog au dessin : le service presse m'a oublié et mon dealer était en rupture de stock. Peu importe, une bande dessinée qui affiche en couverture The Residents, Moondog, Poison Ivy et qui prétend mettre en lumière "les figures pittoresques de la musique du 20ème siècle" mérite un bonne place sous le sapin à côté des Legos Star Wars de ton neveu.

Enfin, venons-en aux Sessions Fantômes #1 qui provoquent aujourd'hui mon enthousiasme. Sorties sur le label L'Eglise de la petite folie, celles-ci célèbrent la rencontre du trio Arnaud le Gouëfflec, John Trap, Olivier Polard avec Eugène Chadbourne, artiste underground touche-à-tout, illustre Face B aussi fantasque qu'indispensable et victime consentante de l'admiration fétichiste que lui voue Arnaud Le Gouëfflec (comme le prouve le blog Chadbourneries).

Que ce soit sur la reprise brute de "Mieux vaut trouver la mort" ou avec le collage dadaïste "Chad and Glue", le plaisir de jouer/improviser est communicatif. Sans jamais perdre l'auditeur, les morceaux  s'étirent comme pour prolonger le bonheur d'être ensemble. Surtout, il y a l'extraordinaire "Mosha parle" où le banjo bringuebalant d'Eugène Chadbourne fait des merveilles, se permettant même quelques incursions en mode Délivrance. A l’unisson avec les autres musiciens, il donne à ce morceau la puissance d'une incantation déglinguée pour exalter Mosha et ses prophéties dérisoires. C'est d'ailleurs, aujourd'hui plus que jamais, la meilleure manière de dire le monde.

A écouter par ICI.

Mansfield.TYA - Corpo Inferno (2015, Vicious Circle)

EN VIE / CHANSONS INSAISISSABLES : Reconnaître en préambule que je suis toujours passé à côté de Mansfield.TYA. Sans doute victime de préjugés et d'écoutes distraites me laissant croire que ce n'était pas pour moi. Peu importe car le choc est immense en découvrant le nouvel album de ce duo féminin capable de transformer la braise en glace ou l'inverse (Louise Labbé represent). Si Corpo Inferno se situe la plupart du temps dans une tradition chanson française plutôt insaisissable, il tire sa grandeur dans sa manière de conjuguer des influences plurielles au cœur d'un album rempli de chausse-trappes et de motifs en décalage. Qu'on ne s'étonne pas alors d'entendre, au milieu d'autres joyeusetés, des comptines médiévales à la Moondog mélangées avec de l'electroclash, des citations d'Arvo Pärt et des synthés minimalistes teintant l'album d'une coloration cold-wave. Par dessus tout, Corpo Inferno est rempli de tubes déviants qu'on mettra un peu plus de temps à explorer que, au hasard, le dernier Major Lazer. C'est le cas du 1er single, "Bleu lagon" assez peu représentatif du reste, qui vous permettra quand même de réussir votre suicide sur fond d'electropop délurée !

Charles-Baptiste - Symphonie pornographique [EP] (2015, Robert Records)

EN VIE / VARIÉTÉ FRANÇAISE / COQUINOU : Difficile de ne pas s'enthousiasmer pour ce morceau canaille. Déjà, pour son sens de la formule - "Je vois du porno partout. / Une fille qui se met soudain à genoux, c'est déjà la promesse / d'une fille qui s'essuiera bientôt la joue avec délicatesse" - qui évoque dans une ambivalence malicieuse la joie et l'addiction du "cul pour tous". Surtout, il y a cette entêtante mélodie naïve qui s'apprécie parfaitement au second degré et aussi faite d'un kitsch nostalgique qui permet plutôt - à la manière de Sébastien Tellier - de réactiver sincèrement des émotions enfouies. Celles portées par Alain Souchon, Michel berger, Alain Chamfort car si "Porno" parle bien de baise, c'est avant tout une déclaration d'amour à la variété française. "Variété is not dead" proclame Charles-Baptiste : lorsqu'on l'écoute, on veut bien le croire.